Flowerlily

Flowerlily

Grande rêveuse, liseuse, musicienne à ses heures perdues, j'aime aussi passer du temps dans les salles obscures.

Belle et Sebastien, une touchante histoire d'amitié entre homme et chien vue par Nicolas Vanier

samedi 28 décembre 2013      1 Commentaire      Belle et Sebastien - Le Film

Nous connaissions la série de Cécile Aubry, diffusée à la télévision dans les années 60. Depuis quelques semaines, on connait aussi le film de Nicolas Vanier, qui est une sorte de réadaptation de l'histoire originale de ce jeune garçon, Sébastien, qui se lie d'amitié avec ce grand chien blanc sauvage, qu'il appellera Belle.

Les paysages alpins sont évidemment magnifiques, de l'immensité des montagnes jusqu'au côté presque intime du petit village aux routes escarpées. Le contexte est touchant : on se retrouve au coeur de la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands envahissent la France et se lancent à la recherche des Juifs, qui tentent de traverser les frontières - et ici, de se rendre en Suisse.
Nous rencontrons un jeune Sébastien farouche et aventureux, qui ne va pas à l'école et passe ses journées dans la forêt ou en compagnie de César, son grand-père et père d'adoption. Abandonné par sa mère à sa naissance, il continue de croire que celle-ci est partie faire sa vie en Amérique et qu'elle reviendra bientôt le chercher pour l'emmener là-bas avec elle.
Lors de l'une de ses escapades dans la nature, le jeune garçon croise le chemin de Belle, qui avait déjà été repérée par certains bergers des environs qui l'avaient alors qualifiée de "monstre énorme et dangereux", qui nuirait aux troupeaux.

Une complicité va très vite naître de cette rencontre, et Sébastien prendra soin de Belle, s'attachant beaucoup à l'animal, auparavant solitaire comme lui. Lorsque leur amitié se verra mise en danger, il prendra tous les risques pour prouver que Belle n'est pas l'ombre de la bête sadique décrite par les bergers.

Bien évidemment, ce film vise clairement un public familial et pas forcément très exigeant au niveau du scénario - ce n'est d'ailleurs pas pour ça qu'on ira voir le film. C'est une histoire vraiment mignonne et touchante, les acteurs sont très bons et le cadre spectaculaire. Le jeune Félix Bossuet, qui incarne Sébastien, est époustouflant : rebelle dans l'attitude comme dans l'apparence, avec sa petite moue boudeuse, il a tout pour nous faire fondre !
Quant à l'histoire en elle-même, c'est vrai qu'il n'y a pas de réel suspense, mais encore une fois, il serait quelque peu naïf de s'attendre à un grand film d'aventures. Belle et Sébastien est un film tendre, qui en dit long sur les hommes, leurs attitudes et les relations qu'ils entretiennent entre eux. Parfaitement adaptée en cette période d'échanges que sont les fêtes de fin d'année !


Hunger Games, phénomène du moment : Suzanne Collins donne le ton dès le tome 1

lundi 16 décembre 2013      Hunger Games - Tome 1

Si tout le monde en a entendu parler par le biais des adaptations cinématographiques - le deuxième tome de la trilogie de Suzanne Collins est sorti dans les salles au mois de novembre dernier -, The Hunger Games est avant tout une saga littéraire, dont le premier volume est sorti en 2008.

Dans ce premier roman, nous rencontrons la courageuse Katniss Everdeen, une jeune fille de 16 ans originaire du District 12, vivant avec sa mère et sa petite sœur et partageant des parties de chasse avec son meilleur ami Gale. Chaque année, une émission de télé-réalité mobilise l'intégralité des habitants : les Hunger Games, un jeu sans pitié dont un seul participant ressortira vivant. Les candidats sont désignés d'office, deux jeunes de 12 à 18 ans pour chacun des douze districts.
Quand le nom de la jeune Prim, la petite soeur de Katniss, est tiré au sort, la jeune fille se propose immédiatement pour prendre la place de sa soeur et se retrouve ainsi enrôlée dans les Hunger Games aux côtés de Peeta Mellark, le deuxième candidat du District 12.
Commence alors un véritable marathon : les participants doivent suivre une préparation et passer sous les mains de coachs et de stylistes avant d'être lancés dans une arène géante dans laquelle ils devront s'entretuer.

On ne peut qu'être interpellé par le succès incontestable de Hunger Games. Ce premier tome s'est montré à la hauteur de mes attentes, je l'ai littéralement dévoré. Les chapitres sont assez courts et se lisent vite, les personnages sont attachants et Katniss est une véritable tête brûlée, ce qui fait d'elle une héroïne forte et à laquelle le lecteur s'identifiera sans difficultés.
Les événements s'enchaînent, le suspense est justement dosé et présent tout au long du livre. Bien que l'issue du roman semble prévisible, les rebondissements ne le sont pas et sauront maintenir les lecteurs en haleine.

Cette saga mérite l'attention qui lui est accordée et se démarque des autres séries littéraires à succès comme Harry Potter ou Twilight. C'est un univers dans lequel on se plonge volontiers le temps d'une lecture - même si pour une fois, le lecteur n'aura aucune envie de prendre la place de l'héroïne au milieu de concurrents tous plus sanguinaires les uns que les autres.

ARTPOP, le dernier album très attendu de Lady Gaga

lundi 02 décembre 2013      ARTPOP [Explicit]

Les fans l'attendaient avec impatience, tout le monde était curieux de voir (ou plutôt d'entendre) ce que la Mother Monster nous réserverait cette fois-ci, alors que ça ne faisait que deux ans que son précédent album, Born This Way, était sorti dans les bacs.
ARTPOP a fait parler de lui longtemps avant sa sortie, le 11 novembre dernier. Son titre était connu depuis 2012 et le premier single, Applause, est sorti le 19 août. Environ deux semaines avant la sortie effective de l'album, celui-ci avait déjà fuité sur Internet et avait envahi diverses plateformes de téléchargement illégal.

Et alors, quel est le résultat ? Honnêtement, je n'ai pas accroché à la première écoute d'Applause, mais je l'adore aujourd'hui. ARTPOP commence avec le titre très réussi Aura, qui oscille entre instrumental oriental et sonorités futuristes, enchaîne avec Venus, l'un des préférés des fans.
Vient ensuite le lancinant G.U.Y. que, franchement, je n'aime pas vraiment, contrairement à beaucoup. Deux chansons plus loin, on arrive au premier des deux featurings de l'album. Il s'agit de Jewels'n'Drugs, avec T.I., Too Short et Twista, qui sonne comme pas mal de chansons que l'on peut entendre sur les chaînes de clips dédiées au rap/R'n'B, dans l'absolu la chanson est pas mal mais.. ça ne ressemble pas vraiment à Lady Gaga. Mais la princesse de la pop se rattrape avec le titre suivant, MANiCURE, l'un de mes préférés de l'album ! Entraînant, léger, on retrouve vraiment l'esprit gagaesque !
Do What U Want, featuring R. Kelly, est le deuxième extrait de l'album, je le connaissais depuis un moment avant d'écouter ARTPOP. J'accroche vraiment bien, là encore c'est un très bon titre, très prometteur, qui - de mon point de vue - ne ressemble à rien d'autre. Lady Gaga se permet de jouer avec sa voix, et ça donne un résultat assez phénoménal.



Artpop (la chanson) est un tantinet moins convaincante, dans le sens où elle n'a pas ce rythme entraînant qui donne envie de grimper sur les tables pour y danser. Ensuite arrive Swine, le rythme est déjà plus soutenu, la partie instrumentale plutôt inattendue donne un sacré charme à la chanson. Gaga y va crescendo, ce qui signifie que le morceau suivant fait à nouveau partie de ceux qui nous donnent la pêche : Donatella, en hommage à Donatella Versace, correspond parfaitement au style de Lady Gaga, tant au niveau musical qu'au niveau des paroles.
J'ai été surprise en découvrant que le titre suivant était intitulé Fashion!, comme l'un de ses "vieux" morceaux. Mais il ne s'agit pas du tout du même morceau, c'est d'ailleurs un peu dommage parce que je préférais l'ancien Fashion... Celui là met bien la voix de la chanteuse en valeur, il n'est pas mal mais sans plus.
En revanche, Mary Jane Holland fait partie de mes morceaux favoris. Absolument génial, je l'ai adoré dès la première écoute, dès les premières secondes. C'est là qu'on se rend compte à quel point la Gaga maîtrise les mélanges d'univers musicaux.
Dope est un morceau plus intimiste, où l'on retrouve la voix de la chanteuse en seule compagnie d'un piano (et de quelques arrangements). Mais il n'en faut pas plus pour nous donner des frissons, j'en suis restée bouche bée. C'est à l'écoute de ce titre que je me suis dit que Gaga devrait vraiment faire un album acoustique, plus intimiste et sans toutes les sonorités superflues, sa voix se suffit à elle-même.

Pour terminer en beauté, deux des meilleurs morceaux de l'album ont été placés en clôture de celui-ci : Gypsy et Applause. Le premier est génial, hyper entraînant, détonnant et étonnant, on ne sait plus trop si on est en boîte de nuit, dans une soirée country ou à un concert de Jean-Michel Jarre. Puis Applause, tout le monde connaît : un très bon titre, très entraînant, que vous avez déjà tous chantonné à un moment ou à un autre (ne mentez pas).

Dans l'ensemble, ARTPOP est un album très cohérent, centré sur des sonorités des années 70, 80 et 90, avec certains arrangements musicaux récurrents tout au long des chansons, formant le "fil conducteur" de l'album. Dans son ensemble, ARTPOP est un peu moins "dansant" que ces prédécesseurs Born This Way ou The Fame, mais j'estime que c'est plutôt un bon point pour Lady Gaga si elle arrive à jouer sur plusieurs aspects de sa personnalité artistique. Ca prouve qu'elle ne se limite pas juste au genre qui marche, qu'elle ne se repose pas sur ses lauriers.


Blood Ties, l'Amérique des 70's d'après Guillaume Canet

mercredi 20 novembre 2013      Blood Ties

Guillaume Canet prend une nouvelle fois les commandes et réalise son huitième film, Blood Ties, qui n'est autre qu'un remake du film français Les Liens du Sang, de Jacques Maillot, dans lequel Canet avait endossé le rôle principal en 2008.
Les critiques sont très hétérogènes concernant ce film : alors que certaines le trouvent ennuyeux, d'autres le considèrent presque comme un chef-d'oeuvre. Je suis allée le voir sans m'attendre à un coup de coeur et ne connaissant pas le film original, pensant d'emblée que Blood Ties rejoindrait la liste de ces films "que j'ai vus pour avoir vu". J'ai pourtant eu quelques bonnes surprises.

L'histoire prend place dans une Amérique des années 70, sous des airs de polar. Les personnages principaux sont deux frères : Franck est policier, Chris sort tout juste de prison après plusieurs années d'enfermement suite à un règlement de comptes meurtrier. Malgré les déboires de son frère, Franck le prendra sous son aile et l'aidera à se remettre sur pieds... jusqu'à ce que Chris soit rattrapé par son passé et renoue avec ses anciens démons. Un nouveau conflit sépare les deux frères et Franck quitte la police pour s'installer avec Vanessa, l'ex d'un braqueur fou dangereux.
Mais en dépit de leurs différents et des rivalités, les liens du sang sauront aider les deux frères à se retrouver.

Les acteurs interprètent tous leurs rôles à merveille : Billy Cudrup et Clive Owen ne font pas partie des habitués des block-busters hollywoodiens, leurs noms peuvent donc vous paraître étrangers, mais ils incarnent ici leurs personnages avec beaucoup de talent, leur conférant une véritable profondeur. A leurs côtés, Marion Cotillard (compagne du réalisateur, Guillaume Canet) est resplendissante et sait toujours apparaître quand on ne l'attend pas. Mila Kunis et Zoë Saldana ne sont pas en reste.

Canet a mis sur pieds un film sincère et crédible, avec quelques scènes plus maladroites, mais cela ne fait qu'ajouter un certain charme à ce thriller. L'univers du film est plein de subtilités et les scènes autant que les personnages présentent un réel intérêt.
L'inconvénient majeur est que Blood Ties reste un "film de genre", ce qui réduit considérablement son public de prédilection. Mais dans son genre, il est plutôt bon sans pour autant être le film de l'année.
 On passe un moment plutôt agréable, une assez bonne surprise dans l'ensemble.


Revanche, le roman de Cat Clarke qui a bien raison de faire parler de lui !

mardi 19 novembre 2013      Revanche

Kai est mort il y a tout juste un an. J'ai vécu sans lui sur cette planète pendant trois cent soixante-cinq jours.
Trois cent soixante-six seraient vraiment trop.

Kai et Jem sont inséparables. Jem aime secrètement son meilleur ami, qui serait l’homme idéal s’il ne préférait les garçons…
À la fin d’une soirée d’ivresse chez des amis communs, Jem rentre seule chez elle, Kai demeurant étonnamment introuvable. C’est le lendemain que tout bascule : la jeune fille reçoit un email de la part de ce dernier, avec en pièce jointe une vidéo de lui en compagnie d’un garçon qu’il a trouvé postée sur Internet. Cette vidéo plus que compromettante est très vite partagée par tout le lycée et Kai reçoit une salve d’e-mails agressifs qu’il ne peut bientôt plus supporter. Lui qui n’avait pas encore fait son coming-out finit par craquer et se suicide…
À la suite à ce drame, Jem prend alors trois résolutions : découvrir la vérité, venger son ami et se suicider elle aussi. Alors qu’elle mène sa petite enquête, elle reçoit un jour une lettre anonyme contenant trois noms : ceux des responsables. Sans hésitation, Jem abandonne son look gothique et décide d’approcher ces garçons. Mais sont-ils réellement les coupables ?


Je n'avais pas terminé de lire la quatrième de couverture que je pleurais déjà. Peut-être que je suis trop émotive, sans doute, mais peut-être aussi que ces quelques lignes me rappelaient trop ce que j'avais déjà vécu par le passé. Comme si quelqu'un s'amusait à remuer le couteau dans la plaie.
Quand j'ai acheté Revanche, j'appréhendais la lecture : d'un côté, j'avais peur d'être déçue que les sentiments décrits par l'auteur ne soient pas réalistes comparés à ceux que j'ai pu ressentir ; de l'autre, je redoutais que le texte soit trop réaliste, et qu'il me rappelle trop mon passé...

La deuxième option était plus plausible. Même si l'on ne s'attarde pas tant que ça sur les sentiments éprouvés par l'héroïne, car on est assez rapidement entraînés dans le processus de vengeance qu'elle mène, il n'empêche que sa douleur est palpable.
Les blogueurs ne tarissent pas d'éloges sur ce roman, et ça me dérange un peu de suivre le mouvement mais je n'ai pas le choix. Revanche est touchant, bouleversant, pas totalement sombre comme pourrait le présager la quatrième de couverture.
Les personnages - Jem et Kai - sont très attachants, et leur relation, décrite par Jem, est vraiment touchante. On s'identifie à elle, on la comprend, et on se rue à ses côtés sur les traces des responsables de la mort de Kai. Le récit est ponctué de certaines lettres laissées par Kai à sa meilleure amie, au rythme d'une par mois.

Ce qui est véritablement troublant dans cette lecture est de savoir que cette histoire est parfaitement réaliste et plutôt banale, qu'elle pourrait vous arriver, arriver à vos cousins, vos enfants... Voir à quel point le regard des autres peut décider d'une vie humaine est révoltant. L'auteur sait rester assez simple mais efficace avec son phrasé, utilisant des mots et des structures simples pour toucher au plus profond.

Un livre qu'il ne faut pas rater. Même si l'on estime avoir dépassé la catégorie des "jeunes adultes".