Yeezus: Kanye West en mode divin!

Yeezus: Kanye West en mode divin!

Trois ans après My Beautiful Dark Twisted Fantasy, Kanye West est de retour avec un nouvel album solo ! Et comme toujours avec le rappeur, ce sixième album est démesuré... Yeezus, voilà le nom de ce sixième album, un jeu de mots entre Yeezy (son surnom) et Jésus, rien que çà ! Et alors que le boyfriend de Kim Kardashian nous avait habitué à faire monter la pression à coup de teasers hebdomadaires avec ses G.O.O.D Friday pour son précédent album, cette fois-ci la stratégie est totalement différente puisqu'il n'y a tout simplement pas de stratégie : Pas de single, pas de clip, pas de précommande, pas de publicité, même pas d'infos sur la tracklist et la pochette jusqu'à quelques jours avant la sortie... Pour son sixième album, Kanye West s'est voulu très énigmatique. Mais maintenant que l'album est sorti, il est temps de voir ce qu'il nous réserve.


Chaque album de Kanye a une couleur différente. The College Dropout et Late Registration comportent de nombreuses influences soul, Graduation est un album plutôt festif, 808s and Heartbreak, où Kanye chante exclusivement en utilisant l'Autotune sonne très pop et R'n'B et My Beautiful Dark Twisted Fantasy est un album très personnel mélangeant toutes les facettes de l'artiste. Avec Yeezus, Kanye West a pris un nouveau virage en mélant electro, indus et trap music pour un résultat sombre et sauvage à la fois.

L'album commence fort avec On Sight, un morceau électrique efficace produit par les Daft Punk dont l'on ressent immédiatement l'influence. Le groupe électro français a également coproduit les 3 morceaux suivants (Black Skinhead, I Am A God et New Slaves). Le premier, Black Skinhead, est un rock sombre, limite animal, composé de couplets ravageurs et de basses surpuissantes. Dans I Am A God, Kanye met son ego en avant et se compare modestement à Dieu. New Slaves traite d'un sujet polémique : l'esclavagisme moderne, en particulier de la communauté afro-américaine, qui devient de plus en plus esclave des désirs matériels. L’atmosphère du morceau est tout simplement magistrale, et cerise sur le gâteau, Frank Ocean vient conclure le morceau avec une outro soignée après un changement de rythme fulgurant. Hold My Liquors, en featuring avec Justin Vernon de Bon Iver et le rappeur Chief Keef, est un morceau totalement différent. Musicalement, c'est flottant, parfois planant, ce qui colle à la perfection avec le thème du morceau (les problèmes de boisson).

Le sixième morceau, I'm In It mélange les ambiances ragga et R'n'B pour un cocktail surprenant, qui est à mon goût en déçà du reste de l'album. Avec Blood On The Leaves, Kanye nous prouve qu'il n'a pas totalement laché l'auto-tune et signe un morceau très « 808s and Heartbreak », un des moments forts de l'album ! Sur Guilt Trip, Kid Cudi vient le jouer crooner de luxe pour un morceau planant à souhait, qui nous fait voyager dans la tête et l'esprit de Kanye. L'avant dernier morceau Send It Up revient à un style plus proche des quatre premiers morceaux. Et pour cause, il est coproduit par Gesaffelstein, un jeune DJ français (La France a décidément la cote auprès de Mr West). Le morceau est bon, sans être non plus transcendant comme pouvaient l'être On Sight ou BlackSkinhead. L'album se conclut avec Bound 2, en featuring avec Charlie Wilson, qui contraste complètement avec le reste de l'album et qui semble sortir tout droit de Late Registration, dans le style du moins car dans ce morceau, Kanye parle d'amour et se confie sur sa girlfriend Kim Kardashian (qui lui a donné son premier enfant 3jours avant la sortie de l'album!), un très bon moyen de conclure l'album...


Kanye West nous avait prévenu, Yeezus n'est pas un album comme les autres. Il n'est ni calibré pour les radios ni pour les dance-floors (même si la présence des Daft Punk aurait pu nous le laisser penser). Bien que différent de tous ses précédents albums, Kanye West a une fois de plus bousculé les codes et a fait Yeezus à son image: révolté, égocentrique, sauvage et froid à la fois. Que l'on aime ou que l'on aime pas, le dieu auto-proclamé du hip-hop est définitivement un artiste à part !

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par Johan