Retour sur le premier succès d'Anna Gavalda

Retour sur le premier succès d'Anna Gavalda

Premier ouvrage d'Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part est un recueil de nouvelles à première vue ordinaires, avec des personnages du quotidien auxquels on réussit bien à s'identifier. Ces hommes et ces femmes se retrouvent tous dans une situation plus ou moins loufoque : de la femme qui se fait inviter à dîner par un inconnu au mari responsable d'un accident qui a causé la mort de neuf personnes, en passant par l'ancien amoureux éconduit, le militaire solitaire et la rock-star qui tombe amoureuse, aucune situation n'est comparable à la précédente. A l'exception d'un seul point : dans les douze nouvelles, le lecteur entre dans l'intimité de chacun de ces personnages, amené à connaître et à partager leurs sentiments.
Les histoires sont plus ou moins originales, certaines sont quasiment absurdes (comme l'est la chute de la nouvelle Catgut, avec la vétérinaire de campagne...), mais le style léger et fluide de Gavalda nous permet de lire ce recueil d'une traite, très rapidement.


Anna Gavalda est aujourd'hui une figure emblématique de la littérature française, mais ses écrits restent souvent encore l'objet de nombreux désaccords. Pour ma part, j'ai trouvé que l'univers général de Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part était un peu trop léger, trop « rose ». Les situations les plus graves paraissaient fades, manquant d'intensité et de sentiments négatifs. Bien que les histoires ne se ressemblent pas, elles sont toutes traitées avec la même légèreté, peu importe qu'il y soit question d'une amourette ou de mort. Les procédés stylistiques et narratifs sont plutôt fades, empreints de cette impression de déjà-lu.
Pour ma part, j'ai passé un moment plutôt plaisant avec ce recueil, mais je suis encore loin de partager l'enthousiasme des nombreux fans d'Anna Gavalda. Les histoires courtes – parfois émouvantes, parfois sans intérêt – s'oublient assez rapidement, sans nous marquer à outre mesure. S'il apparaît aujourd'hui comme l'un de ces « nouveaux classiques » de la littérature française, j'estime qu'il n'est toutefois pas l'un de ces livres incontournables qu'il faut absolument avoir sur ses étagères.


Quelques extraits qui ont néanmoins su retenir mon attention :

"Elle pleure parce que son cœur s'est remis à battre aujourd'hui alors qu'elle n'y croyait plus depuis longtemps. Elle pleure pour tellement de raisons qu'elle n'a pas envie d'y penser. C'est toute sa vie qui lui revient dans la figure. Alors, pour se protéger un peu, elle se dit qu'elle pleure pour le plaisir de pleurer et c'est tout."

"Regardez une femme enceinte : vous croyez qu’elle traverse la rue ou qu’elle travaille ou même qu’elle vous parle. C’est faux. Elle pense à son bébé."

"L'important, ce n'est pas le lieu où on se trouve, c'est l'état d'esprit dans lequel on est."


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par Justyne