Ondine Khayat nous offre un voyage bouleversant au Pays sans adultes

Ondine Khayat nous offre un voyage bouleversant au Pays sans adultes

J'ai mis longtemps à me décider à lire ce livre, en particulier parce que je ne connaissais absolument pas l'auteur, mais aussi parce que je ne connaissais personne qui l'avait lu avant moi et qui pouvait donc me dire s'il valait le coup ou pas. En plus, j'avoue que la couverture ne me donnait pas particulièrement envie...
Quand j'ai finalement ouvert ce livre, je ne l'ai plus lâché. Je suis partie à la rencontre du jeune Slimane, 11 ans, et de sa famille « complètement tordue » comme il la qualifie lui-même. Son pilier, son seul mentor, est son grand frère Maxence, qu'il considère comme un « manuel de savoir-vivre ». Dans leur appartement de banlieue, c'est avec lui qu'il se réfugie dans sa chambre lorsque son père, qu'il appelle Le Démon, se met à frapper sa mère au cours de leurs violentes disputes.
Le Démon est au chômage : il passe ses journées sur le canapé, en vieux jogging, à boire des bières achetées avec le salaire de la mère. Cette dernière ne paraît pas se décider à réagir face à la dictature imposée par Le Démon, qui fait endurer un véritable calvaire à son entourage comme le décrit Slimane : « Le Démon est en pleine crise. Il crie tellement fort que si des gens vivent sur d'autres planètes, je suis sûr qu'ils l'entendent ».

Les portraits dressés par Slimane, notre jeune narrateur, sont naïfs et poignants à la fois. On se retrouve à voir le monde à travers des yeux d'enfants, bien sûr nous ressentons une certaine pitié envers ce jeune garçon, mais aussi et surtout, nous nous révoltons contre ces adultes qui ne voient rien, qui n'entendent rien, qui ne font pas attention au monde qui les entoure. On aborde des sujets sensibles comme les violences familiales, le suicide, de l'internement psychiatrique, le tout raconté par une voix et à travers des yeux d'un enfant qui a des préoccupations bien différentes de ses camarades du même âge. Le Pays sans Adultes est un roman doux et émouvant, qui lève le voile sur les maltraitances familiales, trop souvent passées sous silence... Il sera presque impossible de retenir ses larmes sur certains passages. Le livre regorge de citations toutes plus remarquables les unes que les autres. Pour ne pas trop en dire sur le contenu du livre mais vous donner tout de même un aperçu de ce qui vous attend, en voici quelques-unes :

Je sais qu'il y a un monde, ailleurs, très loin d'ici, où les enfants ne pleurent jamais, où le soleil est un éclat de rire. Un monde qui ne ressemble à rien de ce qu'on connaît. Un monde avec des étoiles à tous les coins de rue, pour remplacer les lampadaires.

Les battements de nos cœurs, c'est rien d'autre que les murmures de tous ceux qui habitent dedans. Quand il n'y a plus personne, il s'arrête de battre. il faut un grand cœur pour y mettre tous les gens qu'on aime, et laisser de la place à tous ceux qu'on va aimer, mais qu'on ne connaît pas encore. Un grand cœur en forme de loft, même si on doit abattre des tas de cloisons. Un cœur avec des fenêtres pour voir le ciel, et dessiner dessus des beaux nuages en barbe à papa.

Un livre qui se dévore d'un trait, mais que l'on met longtemps à oublier... à ajouter à votre liste sans hésiter !

Voir sur Amazon.fr

par CollegeBoy