Macklemore nous embarque dans un délire vintage

Macklemore nous embarque dans un délire vintage

Douze ans avant de se faire un nom : Macklemore a su se montrer patient avant de bénéficier de la notoriété internationale dont il jouit aujourd'hui. Depuis ses débuts en 2000 avec un premier single, le jeune Américain a fait un bon bout de chemin, surmonté bon nombre d'obstacles (drogues, passages à vide, désintox') avant que son Thrift Shop ne devienne un succès planétaire.

Macklemore, de son véritable nom Ben Haggerty, développe très tôt une véritable passion pour la musique et l'écriture de paroles de chansons, il prendra même part à un programme appelé Gateways et centré sur le rap alors qu'il travaille dans un centre de détention juvénile. Influencé par le East Coast Underground Hip-Hop, Macklemore croise la route de Ryan Lewis pour la première fois en 2006 (alors que ce dernier n'a que 18 ans). Ils signent une collaboration en 2008, Lewis campant le rôle de producteur, et sortent une première mixtape en 2009. The Heist est leur premier album studio sorti dans les bacs... il fallut donc attendre 2012.


Et l'attente ne fut pas vaine pour tous les amateurs de rap et hip-hop, ni même pour un public un peu moins connaisseur qui se laissera sans problème emporter sur les titres phares du duo tels que Thrift Shop et Can't Hold Us, déjà incontournables sur les ondes et dans les bars et boîtes de nuit. Les morceaux dansants côtoient certains titres plus posés, voire mélancoliques, le refrain de Cowboy Boots ira même jusqu'à nous transporter directement dans les saloons de l'Ouest. Parmi les autres titres, on relèvera l'énergique et très bon Castle, Wing$ (air déjà connu outre-Atlantique grâce à sa diffusion lors des spots publicitaires des NBA All-Star Game de 2013, avec un refrain entonné par un choeur d'enfants) et My Oh My, en hommage à Dave Niehaus, commentateur de l'équipe de baseball de Seattle, les Mariners, dont Macklemore est fan.
L'artiste prouve tout au long de The Heist qu'il sait rapper, chanter, parler d'amour, d'espoir, de désespoir, d'argent (sur le titre Gold) et même d'homosexualité (le poignant et tellement vrai Same Love), cassant ainsi l'image du rappeur américain homophobe et intolérant. Il est clair que Macklemore sort du lot de toute la ribambelle de Jay-Z, Kid Cudi, Kanye West, Ludacris et autres P. Diddy : premièrement, il est blanc (même si on avait du mal à le croire avant de le découvrir dans le clip de Thrift Shop... il est vrai qu'il a un flow digne des meilleurs descendants afro-américains de la soul). Ensuite, il prône le droit à la différence, parle de la Bible et des quêtes identitaires, n'est pas focalisé sur sa voiture ou ses haters.


The Heist a bénéficié d'une réception critique positive aux Etats-Unis, autant dans la presse écrite qu'à travers ses chiffres de vente et de diffusion... ce qui n'était pas gagné d'avance si l'on recense le nombre de concurrents directs qui s'étaient déjà fait leur place au firmament des stars de rap/hip-hop américaines. Le duo Macklemore/Lewis est désormais en train de conquérir l'Europe et prévoit une tournée internationale qui – victime de son succès – a déjà remplis trois fois le Zénith de Paris les 21 et 22 septembre ainsi que le 6 octobre 2013. Macklemore peut être rassuré : il a encore de beaux jours devant lui !

 

Voir sur Amazon.fr

par Laurie