Le premier polar de Liz Coley

Le premier polar de Liz Coley

La jeune Angela a 13 ans lorsqu'elle disparaît lors d'un camp de vacances dans la forêt. L'enquête ne mène à aucune piste et la police se voit contrainte d'abandonner les recherches au bout de quelques mois seulement. Trois ans plus tard, la jeune fille réapparaît sans s'imaginer que déjà trois ans ont passé... Elle n'a aucun souvenir de ces années durant lesquelles elle avait disparu, et a du mal à réaliser que le reflet renvoyé par le miroir, cette jeune fille aux longs cheveux et aux formes plus prononcées, est le reflet de sa propre personne...
Où était-elle ? Avec qui ? Comment a-t-elle été traitée ? Ce sont autant de questions que se posent les proches d'Angie (ainsi que le lecteur), auxquelles elle est incapable de répondre. Peu à peu, à l'aide de sa psychologue, elle va trouver le moyen de recouvrer certains souvenirs, et donc de découvrir l'enfer auquel elle a du faire face durant ces trois années... Car ce qu'elle a vécu en vérité dépasse de loin ses pires craintes.


J'ai ouvert ce livre sans m'attendre à de la grande littérature, et j'avais bien raison sur ce point : il s'agit du premier roman de Liz Coley, donc impossible de savoir à l'avance sur quel genre d'auteur on va tomber. L'écriture est simple, basique, les descriptions trop vagues, les dialogues souvent superficiels et insensés, on grimace parfois à la lecture de certaines tournures de phrases ou répliques. Mais contrastant avec cette simplicité infantile, voire innocente, on affronte à travers le roman des thèmes durs, voire violents psychologiquement parlant : inceste, pédophilie, torture, viol, séquestration... à réserver donc à un public averti, car même si le livre est facile à lire (et peut se dévorer en seulement quelques heures), il est également possible qu'il affecte les lecteurs les plus sensibles.
Quand à l'intrigue, il faut avouer que c'est un véritable casse-tête qui file la migraine. Un peu tirée par les cheveux, elle laissera d'abord le lecteur sceptique de sa complexité. D'ailleurs, c'est là que le style de l'auteur la « sauve », en quelque sorte : il aurait suffi d'un style plus lourd, plus technique, pour que bon nombre de personnes abandonnent la lecture du roman. Les thèmes abordés sont – trop – nombreux, et souvent pas assez approfondis malheureusement. L'auteur nous laisse souvent sur des questions répondues à moitié, le lecteur se voit contraint de tirer ses propres conclusions.

Néanmoins, je ne regrette pas ma lecture : même si je doute avoir un jour envie de me replonger dans ce livre, il ne m'a fallu que deux jours pour le lire... mais je doute qu'il me faille seulement deux jours pour l'oublier, tant les sujets sont marquants, dérangeants.

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par Ophélie