La mystérieuse Amélie Nothomb dévoile son "roman 2013" et revient sur sa vie au Japon

La mystérieuse Amélie Nothomb dévoile son

Les critiques vont toujours bon train concernant Amélie Nothomb. On admire ou on dénigre son principe "un roman par an", on aime son style ou on le déteste, bref, on a tous un certain avis concernant l'écrivaine. Pour ma part, j'ai toujours bien aimé ses romans, sans pour autant m'auto-proclamer fan comme beaucoup. Ce que j'aime particulièrement chez Nothomb, c'est son passé japonais. J'avais bien ri en lisant Stupeur et Tremblements, et même si j'avoue ne pas avoir lu beaucoup de ses romans, j'ai voulu lire La nostalgie heureuse dès que j'ai su qu'elle évoquerait ici son retour au pays du Soleil levant.

Seize ans après l'avoir quitté, Nothomb revient donc au Japon, pays de son enfance, et raconte comment elle retrouve ces paysages, ces rues, ces proches qu'elle a quittés il y a si longtemps. Tout a changé, mais l'attachement est resté le même, elle n'a rien oublié.
Elle revient alors voir sa nounou, qu'elle considère comme une deuxième mère, mais aussi son ex-petit-ami, qu'elle avait quitté du jour au lendemain, et tous ces décors qui ont été témoins de sa jeunesse.

Amélie Nothomb évoque aussi des sujets d'actualité bien plus graves, le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima en premier lieu :

– Le plus fou, poursuit-il, c’est qu’à un kilomètre de la centrale de Fukushima, le long du rivage, on vient de déblayer une stèle vieille de mille ans. En japonais ancien, il y est écrit : « Ne bâtissez ici rien d’important. Ces lieux seront ravagés par un tsunami gigantesque. » On n’en a pas tenu compte, hélas. Or, avant d’être renversé par la catastrophe, cet avertissement du passé était bien visible et lisible de tous. 

Ce roman prend la forme d'un documentaire, on a l'impression de visionner un reportage sur un pays étranger, que l'on connaît sans jamais y être allé.
La nostalgie heureuse n'est pas que l'étalage du bonheur procuré par les retrouvailles, il a aussi des côtés bien plus sombres, mélancoliques, plein de révélations troublantes.

Le roman est court - 150 pages seulement - et peut se lire d'une traite, ce que l'on peut considérer à la fois comme un avantage et un inconvénient (pour ceux qui en redemanderaient encore, et à en croire les critiques lues sur d'autres sites et dans les journaux, ils sont plutôt nombreux), la couverture est attirante et bien moins sombre que certaines précédentes, tout comme la plume de l'auteur.
Le style est simple, épuré, mais n'en reste pas moins poignant. Amélie Nothomb nous la joue "à la japonaise" et c'est un véritable régal.

Ce pélérinage fera tour à tour sourire, réfléchir, il pourra émouvoir ou choquer parfois, mais il ne laisse pas indifférent. Nothomb sait aussi transformer cette autobiographie en récit un peu ironique, teinté de nombreuses touches d'humour. Elle a su trouver un juste milieu entre les catastrophes et le rire, entre la mélancolie de cette vie passée et l'euphorie de penser la retrouver. "C'est un Nothomb", certes, mais un bon cru 2013, qui mérite d'être lu !



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par MaryJane