Insidious, une fois mais pas 2

Insidious, une fois mais pas 2

N'ayant pas vu le premier volet et seulement regardé la bande-annonce de ce deuxième film, je ne savais pas réellement à quoi m'attendre. Pas forcément grande fan des films d'horreur gores comme Saw ou Massacre à la tronçonneuse, je préfère les thrillers psychologiques où il faut un peu faire fonctionner son cerveau pour comprendre l'histoire et découvrir le pourquoi du comment. J'avais l'impression que ce serait un peu ça avec Insidious, mais... j'ai assez vite déchanté.

Le réalisateur du film - James Wan, qui n'est autre que le réalisateur du premier volet de Saw – a eu pitié des gens qui, comme moi, ignoraient tout des aventures de la famille Lambert et a pris le soin d'ajouter une sorte de court récapitulatif avant le commencement de ce second volet. J'ai donc pu me familiariser avec l'intrigue et la famille en question (en particulier le père Josh, détenteur d'un don bien particulier), et ce n'était pas de refus pour m'aider à comprendre un peu mieux le film.

Tous les éléments du stéréotype du film d'horreur-psychologique semblent être rassemblés dans ce Insidious 2 : une famille qui emménage dans une nouvelle – grande – maison, pensant ainsi échapper à tous leurs problèmes et prendre un nouveau départ (là déjà, on sait que c'est mal barré, surtout que la maison en question n'est autre que la maison d'enfance du père), l'enfant, Dalton, qui s'entretient avec des fantômes, les hôpitaux psychiatriques désaffectés, etc. Des médiums sont appelés à l'aide et font toutes sortes de révélations loufoques et plutôt caricaturales. Des cadavres sont retrouvés sans que l'on puisse fournir la moindre explication.
Il est question de possessions, d'apparitions, de manipulations, de trop de choses à la fois, au point que le film tourne presque au ridicule.

Le scénario est décousu, le réalisateur a voulu faire quelque chose de plutôt complexe et s'est montré bien trop ambitieux : on se perd dans l'intrigue, au point de lâcher prise et de ne plus réellement comprendre de quoi est-ce qu'on est censé avoir peur. On n'est ni dans la finesse, ni dans trop de suspense, on parvient très vite à déceler les ficelles et à deviner la suite des réjouissances.
Les scènes sont prévisibles, vues et revues : le piano qui se met à jouer tout seul au beau milieu de la nuit, la mère qui se réveille et descend voir, on sait d'avance qu'il va se passer quelque chose de pas très plaisant. Idem pour la fausse frayeur provoquée par le boucan des jouets qui se mettent en route tout seuls.

On décèle même certaines notes d'humour parfois un peu douteux, qui nous donne plus envie de hausser les sourcils que de rire. Niveau thriller psychologique, on est loin du compte, tout semble avoir déjà été exploité des dizaines de fois, tout est remâché, Insidious n'a absolument rien d'innovant et se contente de rassembler plusieurs caractéristiques du genre... sans pour autant parvenir à faire monter la sauce. Même si à certains moments, j'ai senti les battements de mon cœur accélérer, cela n'a jamais duré suffisamment longtemps pour que je puisse appeler ça de la peur.
Je déconseille donc à tous les amateurs d'horreur (les vrais) d'aller perdre leur temps en regardant ce film – en revanche, certains novices ou adolescents pourraient être tentés de connaître leurs premiers frissons d'épouvante sur grand écran. Alors allez-y, histoire de commencer « soft ».


En plus de cela, le film connaît une sorte de « fausse happy end ». Comprendre : on a l'impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu'à ce que l'ultime scène vienne présager un troisième volet (déjà planifié par le réalisateur). Ce sera sans moi.




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par Ophélie