Elu meilleur groupe au monde, Muse se permet de mélanger les genres

Elu meilleur groupe au monde, Muse se permet de mélanger les genres

Dans ce sixième album, les Britanniques de Muse nous prouvent encore une fois qu'ils ont bien plus d'une corde à leur arc, et qu'ils sont tout à fait capables de maîtriser des domaines musicaux pour le moins variés. On retrouve sur The 2nd Law un arrangement musical bien plus électronique que sur les albums précédents, qui étaient quant à eux plus « rock », plus violents.
C'est notamment l'interlude Unsustainable, aux airs résolument dubstep, qui montre l'évolution du groupe vers de nouveaux horizons. Le groupe californien Linkin Park avait déjà osé un tel changement en sortant leur album Minutes to Midnight, et c'est aujourd'hui le groupe anglais qui s'expose ainsi à de nouvelles critiques, au risque de décevoir certains fans de la première heure.

The 2nd Law
est aussi plus intimiste, aux textes tantôt touchants, tantôt rebutants, d'odes à l'amour et à la haine. Le groupe renoue avec une problématique déjà exploitée sur The Resistance : les injustices liées aux hiérarchies, l'élite immorale et sans pitié qui impose sa loi sans se soucier de l'avis et des vies de ses subordonnés, avec des titres comme l'incroyable Supremacy ou Animals. De retour aussi, la puissance vocale de Matthew Bellamy, chanteur et leader du groupe, l'impressionnant ténor qui saura mettre tout le monde d'accord par sa performance époustouflante – que l'on retrouve intacte en live. Muse offre à ses fans et moins fans de belles surprises musicales, quoi qu'en disent certains détracteurs aux valeurs aléatoires (après tout, bien que ce ne soit que des mots, le groupe avait quand même été élu « meilleur groupe de rock au monde », ce qui n'est pas rien).


Dans certains milieux, il est devenu de bon ton de critiquer Muse, sans même prendre le temps de s'intéresser réellement à cette nouvelle pépite aux mille nouveautés : outre le dubstep, on découvre des fonds sonores divers et variés, comme les battements du cœur du bébé de Matt Bellamy, inspirations asiatiques, chorales, jeu d'orgue... Chaque titre explore un terrain nouveau, jusqu'alors inconnu ou peu exploité par le groupe. Et puis, The 2nd Law semble être un objet de recherche à part entière si l'on se penche sur la signification de son titre et des thèmes abordés : la deuxième loi de la thermodynamique, l'énergie, l'entropie, l'hélium, la surexploitation de la planète... Rares sont les groupes de rock qui peuvent se vanter d'avoir en leurs titres et paroles une véritable thèse scientifique – même la pochette de l'album va dans ce sens, montrant les connexions cérébrales symbolisées par des fils colorés.
La reine de l'album n'est cependant pas la science, mais bel et bien la mélodie toujours entraînante, déjantée ou plus lyrique. Muse est toujours là, et bien que le groupe au succès interplanétaire n'a plus à faire ses preuves, il montre avec des titres comme Follow Me ou Panic Station qu'il est bien décidé à marquer. Et à rester.





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par Laurie