Cinquante nuances de Grey, le livre de tous les records

Cinquante nuances de Grey, le livre de tous les records

Véritable phénomène planétaire et best-seller en Amérique puritaine, ce premier tome de la trilogie Cinquante nuances se serait écoulé à plus de 65 millions d'exemplaires dans le monde. Qualifié de « mommy porn », ou « porno pour mamans », ce livre est en vérité bien plus cru et direct que veulent bien l'admettre les éditeurs de JC Lattès, et n'est pas réellement « l'histoire d'amour » auto-proclamée par E.L. James. Par curiosité ou par voyeurisme, la plupart des lecteurs ont justement acheté le bouquin pour évaluer sa teneur pornographique. Certains sont déçus, d'autres choqués, mais toujours est-il que les scènes sont décrites avec précision et un nombre incalculable de détails que parfois, on aimerait mieux ne pas connaître...

Quand la jeune étudiante en littérature Anastasia croise la route de l'entrepreneur Christian Grey, on retrouve certains traits physiques ou de caractères qui ne sont pas sans nous rappeler deux autres personnages de fiction : « Ana » est pâle, trop maigre, elle a les cheveux bruns souvent en bataille, ne se maquille pas, ne prend pas forcément soin d'elle, et – pour couronner le tout – est totalement innocente (et un peu naïve dans son genre). Christian quant à lui, c'est le beau mâle qu'on ne croise qu'une fois dans sa vie, grand, musclé, avec une chevelure cuivrée. Et, cerise pour le gâteau, il a beau ne pas avoir de crocs et de peau qui brille au soleil, lui aussi est plus âgé qu'Anastasia (bon, de sept ans et pas trois-cents, mais quand même). Alors, vous avez deviné ? Les personnages sont des dérivés d'Isabella « Bella » Swan et d'Edward Cullen, les héros de la saga Twilight, dont Cinquante Nuances de Grey était à la base... une fan-fiction ! A croire qu'E.L James reprochait à Stephenie Meyer un manque de contacts physiques entre ses personnages trop prudes...

Les ressemblances sont troublantes, mais ici l'histoire se déroule à Seattle, dans ce qu'on pourrait appeler « la vie réelle » (bien que rouler en Audi R8, avoir des demeures secondaires dans trois ou quatre villes différentes, un hélicoptère privé ne soit pas donné à tout le monde), et le sexe est maître de tous les rapports entre les personnages. Plus soft et accessible que les romans souvent sombres et littéraires du Marquis de Sade ou d'autres auteurs français, largement reconnus dans le genre érotique, Cinquante Nuances de Grey manque cependant de profondeur, de réelle intrigue. Le but, c'est le porno (habilement déguisé en histoire d'amour). Il n'y a pas de surprises, pas de style littéraire très marqué, un manque de réalisme assez lassant, et il est nécessaire de faire abstraction de l'absence de qualité rédactionnelle pour accrocher à l'histoire. Car il faut le dire, le nombre d'ouvrages vendus n'est pas représentatif de la qualité du contenu.

Cependant, le livre se lit facilement et rapidement, et l'on peut se laisser prendre au jeu, à l'image pour le moins déstabilisante de ces femmes qui témoignent que la saga leur a donné envie de tenter des expériences nouvelles...

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par Laurie