Bérénice GLANGER

Bérénice GLANGER

Étudiante en édition, je suis passionnée par la lecture et les livres (en tant qu'objet), je apprécie également les films et la bonne musique et je m'efforce de partager ça avec mon entourage.

  Paris/Strasbourg

Hôtel - Chambre un/ La version française de 50 shades of Grey ?

mardi 02 septembre 2014      Hôtel - Chambre un

L'histoireAnnabelle, Elle pour les intimes, est une jeune femme ambitieuse d'une vingtaine d'années, étudiante le jour et escort girl la nuit. Au cours d'une de ses missions, elle rencontre David Barlet, un magnat de la presse d'une quarantaine d'années, follement attirant, et tombe sous son charme. L'attirance est réciproque, et les voici bientôt fiancés. Mais David ignore tout des activités nocturnes d'Elle. Cela convient très bien à la jeune fille, qui s'est juré de laisser cette existence derrière elle une fois sa dernière mission achevée : celle qui doit lui permettre d'acheter un cadeau de mariage pour David... Un ultime mensonge avant d'entamer une nouvelle vie. Mais l'identité de son dernier client va mettre tout son avenir en péril. La seule solution pour sauver son mariage : accepter le jeu sensuel de cet homme et se plier à ses commandements...

Mon avis: Le résumé ci-dessus nous plonge directement dans le thème et l'ambiance du livre. Très classiques dans ce qui se fait actuellement. On met rapidement de côté la partie escort de Elle qui arrête rapidement d'écumer les soirées mondaines. Encore un début raté selon moi car on sombre trop rapidement dans l'histoire d'amour et l'histoire physique que vit notre personnage. Des clichés nous sautent tout de suite aux yeux. Etudiante, escorte, tombe amoureuse d'un homme riche et là un élément perturbateur risque de tout faire basculer? Schéma très classique du triangle amoureux. Le futur époux qui représente le bien, la droiture mais aussi la monotonie et l'élément extérieur qui représente le mal, la tentation et l'excitation.
Il y a peut être un plus, là aussi déjà vu et revu, la partie didactique, l'éducation à la sexualité, la découverte des sens et du plaisir.
Rien de bien nouveau en somme, mais combinés, ces éléments semblent satisfaire bon nombre de lectrices. Ceci dit un peu mieux écrit que 50 shades et moins rapidement cul cul la praline. Je ne parlerai quand même pas de révolution du genre ou de classique à mettre absolument sur sa liste de lectures érotiques. On peut néanmoins trouver quelques idées sympa à mettre en oeuvre pour pimenter notre sexualité.
Pas de quoi fouetter un chat !



12 years a slave

lundi 17 mars 2014      12 years a slave (Oscar® 2014 du meilleur film)

12 years a slave est le troisième court-métrage de Steve McQueen après Hunger et Shame films qui avait déjà été largement plébiscités par la critique

Hunger : film sur la grève de la faim d’un prisonnier irlandais qui souhaite obtenir un statut à part pour les prisonniers politique de la prison où il est incarcéré.
(Acteur principal : Michael Fassbender)
Obtient la Caméra d’or au Festival de Cannes qui récompense le meilleur premier film.


Shame : film qui traite de l’addiction sexuelle.
(Acteur principaux : Michael Fassbender et Carey Mulligan)
Récompense de l’acteur à la Mostra de Venise.

Synopsis
L’histoire se déroule aux États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, vit avec sa femme et ses deux enfants dans une jolie maison, il est violoniste de talent et gagne bien sa vie. Il fait partie des rares noirs qui ont gagné leur liberté, alors que l’esclavage sévit toujours largement dans le pays, et surtout dans le sud. Lorsque sa femme quitte le domicile pour 3 semaines de travail, il fait la connaissance de deux hommes qui disent travailler pour un cirque et qui lui proposent de venir avec eux quelques jours à Washington pour jouer y du violon. Il accepte volontiers. Après un repas un peu arrosé et une soirée qui se termine dans le vague, il se réveille enfermé et enchaîné. Il a été enlevé et est vendu comme esclave en Louisiane. Il sera acheté par trois propriétaires de plantation successifs. Face à la cruauté de l’un d’entre eux, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.
Douze ans plus tard, il croise un abolitionniste canadien (Brad Pitt) et cette rencontre va changer sa vie.

Ma critique:
En voyant les affiches pour le film dans le métro, je me suis dit: "encore un film sur l'esclavage".
Puis en la lisant, je m'aperçois qu'il y a quand même 12 (si je ne m'abuse) nominations aux Oscars pour ce dernier.
Qui dit Oscars ne dit pas forcément que ça va me plaire. Néanmoins je me laisse inviter et séduire à l'idée de voir ce film.
Et la déception est très très loin. Des acteurs exceptionnels, une histoire prenante et poignante, dans laquelle on apprend qu'au XIXe siècle il y avait quand même des esclaves libres, et qui en plus de cela vivaient plutôt bien par rapport à la condition de leurs frères. On nous révèle un autre pan de la traite des noirs aux Etats-Unis, et on se dit qu'on ne cessera jamais de découvrir de nouvelles histoires à ce propos.
Je n'ai pas lu le livre pour le moment, donc je ne peux pas me permettre une comparaison et vous dire si l'adaptation est plus romancée, plus ou moins trash.
Ce que je peux vous affirmer en contrepartie, c'est que pas un moment je n'ai pensé à regarder l'heure durant la projection, j'ai été dans le film du début à la fin et je ne regrette pas de m'être laissé convaincre.

Paradis, clef en main

jeudi 06 mars 2014      Paradis, clef en main

A propos de l'auteur : 
Nelly Arcan est l’auteure québécoise, quelque peu controversée, de 6 romans dont deux publiés à titre posthume. En effet, elle s’est donné la mort en 2009 à l’âge de 36 ans.            
Une mort préméditée présente dans tous ses récits, un fil conducteur, un leitmotiv qui hantait ses textes mais surtout sa vie depuis de nombreuses années. La mort était inéluctable pour elle, malgré une bonne santé et un avenir qui semblait prometteur en tant qu’écrivain, c’était une auteure torturée qui exprimait son mal-être à travers chacun de ses mots.

Le livre:
Paradis Clef en main nous plonge à nouveau dans les méandres de cette envie de mourir. Antoinette est le protagoniste de l’histoire et malgré sa terrible envie d’en finir, son suicide organisé échoue et la voilà qui se retrouve paralysée du bas du corps. Elle nous conte son mal-être depuis l’enfance, sa relation conflictuelle avec sa mère la mère, encore un personnage récurrent dans ses textes, c’est un pilier tout en étant un poids lourd à supporter pour les protagonistes), et particulière avec son oncle qui lui aussi aura recours au suicide.              
Maintenant qu’une partie de son corps est morte, que va-t-elle choisir ? Se laisser dépérir et enfin gagner la quête qu’elle s’était fixée ou se laisser tenter par la vie, malgré son handicap ?

Pour arriver à leurs fins, Antoinette et son oncle Léon auront tous les deux recours aux services de Paradis Clef en main, une entreprise créée par M. paradis suite à la perte de son fils, qui a pour but d’aider les gens qui ne supportent plus la vie, à mourir de la façon dont ils le souhaitent. Attention, ils n’interviennent pas pour euthanasier des malades, ils aident uniquement ceux qui sont en bonne santé mais dont la vie est une peine qui doit être soulagée par la mort accueillante.               
Ainsi nous voyageons entre les souvenirs d’Antoinette de son enfance jusqu’à sa dernière tentative de suicide orchestrée par l’agence, et sa deuxième naissance quelque peu difficile, dans un corps à moitié mort.

Mon avis :
Certes ce texte semble des plus morbide, mais connaissant les œuvres précédentes de l’auteure je savais à quoi m’attendre plus ou moins. On flirt comme toujours entre fiction et réalité puisque nous savons pertinemment que Nelly Arcan souhaitait cette mort/délivrance bien avant qu’elle commence à publier des textes. Ses mots sont simples et on prend vite part à la douleur de son personnage, et à la douleur de l'auteure elle-même.
Ayant lu et apprécié tous ses ouvrages, je peux vous dire que celui-ci est plus accessible que les autres, on se plonge plus aisément dedans, malgré la difficulté du thème abordé.
Pour les gens qui n'ont pas peur de s'ouvrir à tout type de lecture, je pense qu'on peut se laisser séduire par l'écriture de Nelly Arcan, malgré les problèmes qu'elle soulève, malgré des thématiques peu joyeuses, on a toujours une note d'espoir qui naît au fil des textes, pour les personnages auxquels on s'attache facilement.
Paradis clef en main est sans doute celui de ses textes que j'ai lu le plus facilement.

Une auteure à découvrir sans aucun doute.

La Liste de mes envies (Edition noël 2013)

vendredi 07 février 2014      La Liste de mes envies (Edition noël 2013)

Acheté par hasard comme la plupart de mes lectures, mais aussi à cause de échos que dégageaient ce livre pas très long.
On en fait une pièce de théâtre, bientôt un film. Je me dis donc... pourquoi ne pas lire de temps en temps en gros succès littéraire. Je m'empresse donc de le mettre sur ma liste au père noël et Oh! il apparaît sous mon sapin le 24 au soir.

Je parcours timidement les premières pages, très rapidement je me glisse dans l'histoire et m'attache au personnage de Jocelyne qui tient une mercerie à Arras dans le nord de la France. 
On plante tout de suite un décor: Arras, le nord, mercerie. Oui ça ne fait pas rêver mais avec Jocelyne on oublie un peu, l'espoir renaît. Tout comme elle a de l'espoir, espoir d'une vie meilleure, elle veut rendre heureux son mari, rêve de pouvoir lui offrir les petits gadgets futiles qui semblent pouvoir faire son bonheur.
Un jour, elle prend un ticket de loterie et là... le gros lot! 
Elle ne le dit à personne, va chercher le chèque prétextant quelqu'affaire à Paris... Elle le glisse dans sa chaussure où il sera en sécurité. Hésite à l'encaisser, et en attendant fait quelques listes... les listes de ses envies... ou plutôt des envies qui rendraient les gens qu'elle aime heureux. Une Porsche pour son époux, de l'argent pour son fils, quelques "babioles" pour ses amies...
Des listes qui traduisent ses envies, les petits plaisirs qui lui apporteraient un peu de baume au coeur, un "plus" dans sa vie monotone.

Je dois bien avouer que j'appréhendais la lecture d'un roman avec tant de succès. Finalement je me suis laissée prendre au jeu et me suis dit que s'il a du succès c'est bien pour une raison. Même si les goûts et les couleurs ne se discutent pas vraiment. J'ai été agréablement surprise par ce récit simple mais émouvant.

Une bonne petite lecture de chevet pour ne pas se prendre la tête et s'endormir le coeur léger.

Le nazi et le barbier - Edgar Hilsenrath

mercredi 04 décembre 2013      Le nazi et le barbier

Le résumé :
Max Schulz est un nazi convaincu. Emballé par les discours de Hitler, il rejoint les S.S. et massacre les Juifs en masse, y compris son ami d'enfance Itzig. Mais Max Schulz tient à la vie. Après la guerre, recherché pour crimes contre l'humanité, il parvient à se faire passer pour juif. Et pour faire bonne mesure, il devient un militant ...

Une épopée picaresque, traitant l'Holocauste avec la verve, l'ironie et l'humour noir de Fuck America... Max Schultz a les cheveux noirs, des yeux de grenouille, le nez crochu, les lèvres épaisses et les dents gâtées. Tout le monde le prend pour un Juif. Enfant bâtard, mais " aryen pur souche ", battu, violé et humilié durant son enfance, il grandit ...

Mon avis :
Après avoir lu Fuck America, du même auteur, je me suis mise à la lecture du nazi et du barbier, convaincue que ça allait me plaire. Ce livre offre comme le précédent un humour noir très grinçant et tout à fait à mon goût. Un personnage tout à fait accrocheur, de multiples visages et facettes nous sont offertes, mais toujours dans l'intention de se sauver d'une situation saugrenue. Notre personnage est tout à fait conscient de ce qu'il fait, il va là où il sait qu'il pourra s'en sortir. Ainsi après avoir été nazi, il se retrouve juif et va en Israël sous l'identité de son ami d'enfance (juif) qu'il a lui même tué.
J'aime toujours les personnages loufoques de Hilsenrath, mais je n'ai pas eu l'enthousiasme que j'avais ressenti lors de la lecture de Fuck America. Ca traîne un peu dans les longueurs et j'ai du mal avec les interpellations que nous fait le personnage. Mais étant donné qu'on retrouve les éléments franchement plaisants des autres ouvrages de Hilsenrath, on peut se laisser aisément porter jusqu'à la fin du livre et avoir envie de poursuivre avec son dernier: Orgasme à Moscou.