Alexander

Alexander

28 ans, travaille en médiathèque, critique sans pitié.

Docteur Sleep : Stephen King offre un successeur à Shining

vendredi 13 décembre 2013      Docteur Sleep

Encore Stephen King, oui, mais en même temps vous n'avez pas pu passer à côté de Docteur Sleep si vous fréquentez un tant soit peu les librairies ou grandes surfaces : ce bouquin à la couverture halloweenesque noire, rouge, avec sa typographie fantôme, s'étale en têtes de gondoles et en rayons entiers.

On retrouve Danny Torrance et ses vieux fantômes, mais on en découvre aussi de nouveaux, et on se voit menés dans une nouvelle aventure. Le roman démarre en trombe, j'ai été happé par le fil du récit et King semble être dans ses meilleurs jours - ce qui n'était pas arrivé depuis un petit moment.
J'ai été un peu sceptique en découvrant l'histoire, et il faut avouer que celle-ci souffre de certaines maladresses, certains détails auraient peut-être pu être changés pour donner davantage d'intérêt au roman. Mais malgré tout, King parvient à maintenir un certain suspense, grâce à un rythme rapide et entraînant qui permet d'entremêler passé et présent. L'auteur saura étonner ses lecteurs et les faire frissonner.

C'est là que se pose le principal problème : frissonner. Avant de lire ce roman, je m'attendais à quelque chose de violent, flippant, angoissant, terrifiant. Après tout, Docteur Sleep était classé dans la catégorie "Horreur". Mais je n'ai pas ressenti cette peur que j'avais pu connaître à travers certains de ses anciens romans. C'est dommage, car il y avait là du potentiel, il ne manque pas grand chose pour rendre ce livre plus crédible.

Néanmoins, j'ai passé un moment.. mémorable (peut-être qu' "agréable" n'était pas le terme le plus approprié), et je conseille ce roman à tous les amateurs du King. Pas le meilleur, pas la crème de la crème, mais ça ne peut que vous faire du bien !

Stephen King nous ramène cinquante ans en arrière, et on y croit.

mardi 12 novembre 2013      22/11/63

22 novembre 1963 : 3 coups de feu à Dallas. Le président Kennedy s’écroule et le monde bascule. Et vous, que feriez-vous si vous pouviez changer le cours de l’Histoire ?
2011. Jake Epping, jeune professeur au lycée de Lisbon Falls dans le Maine, se voit investi d’une étrange mission par son ami Al, patron du diner local, atteint d’un cancer. Une « fissure dans le temps » au fond de son restaurant permet de se transporter en 1958 et Al cherche depuis à trouver un moyen d’empêcher l’assassinat de Kennedy. Sur le point de mourir, il demande à Jake de reprendre le flambeau. Et Jake va se trouver plongé dans les années 60, celles d’Elvis, de JFK, des grosses cylindrées, d’un solitaire un peu dérangé nommé Lee Harvey Oswald, et d’une jolie bibliothécaire qui va devenir l’amour de sa vie. Il va aussi découvrir qu’altérer l’Histoire peut avoir de lourdes conséquences…

Je commençais cette lecture avec certains préjugés - plutôt négatifs, il faut l'avouer. Mais je n'ai pas été déçu du voyage procuré par 22/11/63, qui pour une fois en était vraiment un !
King ne se perd pas en détours inutiles et fastidieux et emmène ses lecteurs directement au cœur de l'action. Il faut reconnaître qu'il sait capter notre attention et nous maintenir en haleine tout au long du roman, sans que l'on trouve quoi que ce soit à y redire.

Deux récits se croisent : celui, historique, de l'assassinat de JFK et de son contexte et l'autre, à plus petite échelle, de la vie de Jake Epping, ancien instituteur. Cette nouvelle vie dans le passé constitue d'ailleurs l'intérêt principal du roman, nous faisant visiter les années 50-60 comme si on y était vraiment. Les personnages sont eux aussi très attachants et intéressants, le livre est plein de rebondissements, on a toujours envie d'en savoir plus.

Tout a déjà été dit, tant sur l'auteur que sur le livre lui-même. Stephen King est indéniablement talentueux, et parvient à faire oublier aux lecteurs que le roman qu'ils tiennent dans les mains est étiqueté "science-fiction". L'auteur parvient également à glisser de nombreuses références à ses autres ouvrages dans le roman : à lire pour tous les fans ! (et les autres aussi...)

Sandra Bullock et George Clooney forment un duo de choc dans Gravity

jeudi 24 octobre 2013      1 Commentaire      Gravity

Les critiques en parlaient, encensaient le film, on le voyait partout et moi je n'avais vu que la bande-annonce et... franchement, je n'avais pas été convaincu. Les effets spéciaux semblaient pas mal, je savais que les acteurs étaient bons mais je doutais que ce film leur rende justice. Eh bien, on va dire qu' "il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis", parce que j'ai été réellement bluffé par Gravity.

Premières images du film : on découvre nos héros dans l'espace, à vagabonder dans l'atmosphère hors de leur navette Explorer. Au moins, on entre directement dans le vif du sujet : il ne faut que cinq minutes pour comprendre que les choses sont en train de se gâter. L'ambiance est détendue, les astronautes rigolent entre eux et Matt Kowalski (George Clooney), qui approche de la retraite, ne cesse d'exposer des anecdotes loufoques à ses collègues lorsqu'il est coupé par Houston.Un agent de contrôle leur indique que la frappe d'un missile russe sur un satellite défectueux a causé une réaction en chaîne et projeté des débris à la vitesse d'un boulet de canon, ces derniers arrivant droit sur Explorer.
Le choc est très violent, le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock) se retrouve projetée à des centaines de mètres de la navette, sans parvenir à rectifier sa trajectoire. Kowalski viendra la récupérer, usant toujours de son charme et de notes humoristiques pour détendre l'atmosphère. Explorer étant totalement détruite, les deux seuls survivants doivent à tout prix regagner la station russe pour appeler à l'aide et espérer pouvoir regagner la terre ferme.
Mais une nouvelle vague de débris est en route et s'apprête à les frapper...

Premier bon point : le casting. Réaliser un film à grand budget avec seulement deux acteurs, ça pourrait passer pour de la folie. Mais George Clooney et Sandra Bullock sont époustouflants, ils n'ont besoin de rien ni de personne d'autre. Ils portent à eux deux le film sur leurs épaules, et leur duo fonctionne à merveille.

Les effets spéciaux sont eux aussi hallucinants. On a beau sentir encore le sol sous nos pieds, on a l'impression d'être propulsé dans les airs, la tête dans les étoiles. Les vues sur la Terre, les lumières des villes, les formations nuageuses, les aurores boréales nous font complétement voyager - et rêver. C'est du grand spectacle, du vrai, et du jamais vu qui plus est.
Alfonso Cuaron a tenu son pari et relevé son défi avec brio. Gravity amène le spectateur à mener une véritable réflexion sur la vie, sur l'attachement à la Terre et à nos habitudes humaines, qui paraissent si banales mais sont tellement inaccessibles une fois propulsés à 600 kilomètres au-dessus de la surface terrestre.
On réalise que nos petits problèmes du quotidien (comme la batterie du téléphone à plat) ne sont rien comparés aux problèmes que l'on peut rencontrer là-haut, quand on se retrouve seul (comme la batterie d'une navette spatiale à plat...).

Gravity est un film à voir, à condition de ne pas avoir le vertige et peur de l'altitude. Parce que ce film va clairement vous faire planer et vous transporter à des années lumières d'ici. Et pour une fois, la 3D est vraiment un plus !


Placebo signe un retour mitigé avec Loud Like Love

mercredi 09 octobre 2013      Loud Like Love [+digital booklet]

Après quelques faux pas et maladresses, un B3 insignifiant, j'ai été enchanté dès la première écoute du single Too Many Friends, il y a quelques mois déjà. Ca sonnait comme du bon Placebo, on sentait l'évolution mais ça me plaisait, j'étais donc curieux de découvrir leur album Loud Like Love, sorti en septembre 2013.

... Et j'ai été très déçu. L'album est plus pop, parfois intimiste, certaines paroles sont un peu crues et se rapprochent du message indochinois scandé par Nicola Sirkis. Le principal problème de Placebo, c'est qu'ils n'arrivent pas à doser les choses, à trouver un juste équilibre pour leur son. Ainsi, Brian Molko se retrouve au centre de tout, on n'entend que lui (soit, c'est assez normal pour un chanteur, mais il ne devrait tout de même pas éclipser la partie instrumentale, qui est parfois laissée à l'abandon), ce que le titre Bosco reflète particulièrement bien : la voix du leader est mise en avant sur un fond de piano pour le moins basique, sans réel intérêt.
Le son des synthés est trop souvent bancal, les chansons les plus rock ont un air de déjà-vu (en l'occurrence, de déjà-entendu), les violons sont trop larmoyants : Placebo ne parvient pas à trouver le juste milieu et tombe dans le cliché.
Au moins, on sent que le groupe a pris de l'âge (Molko a passé le cap de la quarantaine... bien qu'il n'en n'ait toujours pas l'air), il arrive avec un son moins bourrin que sur Battle Of The Sun et c'est tant mieux, même s'il ne nous offre pas là un chef-d'oeuvre non plus.

Pourtant, je ne qualifierais pas directement cet album de « mauvais ». Après tout, il marque une évolution certaine pour le groupe et il n'y a pas que des mauvais côtés, loin de là. Mais je trouve qu'il reste trop brouillon pour pouvoir l'apprécier pleinement – peut-être que des oreilles moins exigeantes seront d'un tout autre avis.

Toujours est-il que le site Premiere.fr résume bien l'affaire en disant (je cite) :

« Si on ne se montre pas trop exigeants, si on passe un peu sur le sens de la formule qui camoufle parfois les lacunes, si on ne vit pas dans le passé, et si on est fidèle en amour, on peut considérer que Loud Like Love est un bon album d’un groupe qui a recouvré ses moyens et une partie de son charme en vieillissant. »
Certains ajoutent que « la prochaine fois sera la bonne ». Pour ma part, j'estime que Placebo a encore du chemin à faire pour subjuguer à nouveau son public. Mais il y a de l'espoir !