Ophélie

Ophélie

26 ans, accro à la caféine et au suspens. Entre polars et science-fiction mon coeur balance.

  Lyon

Insidious, une fois mais pas 2

mardi 22 octobre 2013      Insidious 2

N'ayant pas vu le premier volet et seulement regardé la bande-annonce de ce deuxième film, je ne savais pas réellement à quoi m'attendre. Pas forcément grande fan des films d'horreur gores comme Saw ou Massacre à la tronçonneuse, je préfère les thrillers psychologiques où il faut un peu faire fonctionner son cerveau pour comprendre l'histoire et découvrir le pourquoi du comment. J'avais l'impression que ce serait un peu ça avec Insidious, mais... j'ai assez vite déchanté.

Le réalisateur du film - James Wan, qui n'est autre que le réalisateur du premier volet de Saw – a eu pitié des gens qui, comme moi, ignoraient tout des aventures de la famille Lambert et a pris le soin d'ajouter une sorte de court récapitulatif avant le commencement de ce second volet. J'ai donc pu me familiariser avec l'intrigue et la famille en question (en particulier le père Josh, détenteur d'un don bien particulier), et ce n'était pas de refus pour m'aider à comprendre un peu mieux le film.

Tous les éléments du stéréotype du film d'horreur-psychologique semblent être rassemblés dans ce Insidious 2 : une famille qui emménage dans une nouvelle – grande – maison, pensant ainsi échapper à tous leurs problèmes et prendre un nouveau départ (là déjà, on sait que c'est mal barré, surtout que la maison en question n'est autre que la maison d'enfance du père), l'enfant, Dalton, qui s'entretient avec des fantômes, les hôpitaux psychiatriques désaffectés, etc. Des médiums sont appelés à l'aide et font toutes sortes de révélations loufoques et plutôt caricaturales. Des cadavres sont retrouvés sans que l'on puisse fournir la moindre explication.
Il est question de possessions, d'apparitions, de manipulations, de trop de choses à la fois, au point que le film tourne presque au ridicule.

Le scénario est décousu, le réalisateur a voulu faire quelque chose de plutôt complexe et s'est montré bien trop ambitieux : on se perd dans l'intrigue, au point de lâcher prise et de ne plus réellement comprendre de quoi est-ce qu'on est censé avoir peur. On n'est ni dans la finesse, ni dans trop de suspense, on parvient très vite à déceler les ficelles et à deviner la suite des réjouissances.
Les scènes sont prévisibles, vues et revues : le piano qui se met à jouer tout seul au beau milieu de la nuit, la mère qui se réveille et descend voir, on sait d'avance qu'il va se passer quelque chose de pas très plaisant. Idem pour la fausse frayeur provoquée par le boucan des jouets qui se mettent en route tout seuls.

On décèle même certaines notes d'humour parfois un peu douteux, qui nous donne plus envie de hausser les sourcils que de rire. Niveau thriller psychologique, on est loin du compte, tout semble avoir déjà été exploité des dizaines de fois, tout est remâché, Insidious n'a absolument rien d'innovant et se contente de rassembler plusieurs caractéristiques du genre... sans pour autant parvenir à faire monter la sauce. Même si à certains moments, j'ai senti les battements de mon cœur accélérer, cela n'a jamais duré suffisamment longtemps pour que je puisse appeler ça de la peur.
Je déconseille donc à tous les amateurs d'horreur (les vrais) d'aller perdre leur temps en regardant ce film – en revanche, certains novices ou adolescents pourraient être tentés de connaître leurs premiers frissons d'épouvante sur grand écran. Alors allez-y, histoire de commencer « soft ».


En plus de cela, le film connaît une sorte de « fausse happy end ». Comprendre : on a l'impression que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu'à ce que l'ultime scène vienne présager un troisième volet (déjà planifié par le réalisateur). Ce sera sans moi.


Bébé mode d'emploi

mardi 24 septembre 2013      Bébé mode d'emploi



Holly Berenson est romantique, passionnée et sérieuse – dans le travail comme dans la vraie vie. Eric Messer aime le sport, faire la fête et ne prend rien au sérieux. Après un premier rendez-vous complètement raté organisé par leurs meilleurs amis respectifs, Allison et Peter, ils s'évitent comme la peste et n'ont en commun que leur haine réciproque et leur filleule, Sophie (la fille d'Allison et Peter).
Alors que chacun mène sa vie de son côté, Holly se faisant un nom en tant que traiteur et Eric gérant une chaîne télévisée sportive pleine d'avenir, un terrible accident va coûter la vie d'Allison et Peter. Dévastés par cette perte, les deux ennemis jurés vont apprendre qu'ils ont été désignés tuteurs de la petite Sophie, ce qui les amène à cohabiter sous le même toit... Ils se retrouvent contraints de mettre leurs différences de côté, essayant de jongler entre leurs carrières et leur nouvelle fonction de parents, faisant leur possible pour conserver la garde de Sophie.

Le principal risque d'une comédie sentimentale à l'américaine est de tomber dans ces clichés à l'eau de rose, avec des scénarios un peu niais et simplets. Mais Bébé, mode d'emploi place déjà la barre un peu plus haut en proposant davantage de profondeur avec cette situation de départ émouvante, qui place les deux personnages principaux dans une situation atypique.
Ensuite, les acteurs Josh Duhamel et Katherine Heigl sont talentueux, leur alchimie se ressent à travers le film et – en plus – ils ne sont vraiment pas désagréables à regarder. Les personnages de Holly et Eric sont attachants, on a parfois envie de les secouer pour qu'ils se décident à mettre de côté leur animosité l'un envers l'autre. Certaines des situations dans lesquelles ils se retrouveront ou expressions qu'ils utiliseront sortent de ce qu'on a l'habitude de voir (la conception de space-cakes juste avant la venue de l'assistante sociale, le « Docteur Poulet Fermier »,...).


Il est clair que l'issue du film est prévisible, comme c'est souvent le cas, mais cela n'enlève rien au charme frais et gentil de cette comédie, plus qu'appréciable lors d'une soirée entre ami(e)s ou en temps de pluie...


Un roman d'amour 2.0 à mettre entre les mains de tous les geeks d'ado !

mardi 10 septembre 2013      Un amour de geek

Thomas est un geek.
Un quoi ?
Un geek. C'est-à-dire un nolife qui fragge comme il respire, slappe les cheaters et bizute les noobs.
Si vous n'y comprenez rien, c'est que vous êtes un pauvre parent, perdu dans la réalité. Mais si, comme Thomas, vous passez vos nuits devant l'écran à dégommer des crâs, à assiéger les donjons d'Azeroth, à diriger des guildes, vous savez ce que vivre veut dire.
Dans son monde Haute Définition, Thomas échappe aux êtres désagréables qui grouillent "in real life" : les nazes du lycée, l'odieux Latreille, Mme Friol, la prof de français fan de gros bouquins bourrés de descriptions. Il supporte même ses parents, leurs gratins bios et sa petite soeur Pauline.
Alors ? Où est le problème ?
Le problème, c'est Esther dont Thomas est bêtement tombé amoureux.
Esther qui voltige sur le dos des chevaux, aime la lumière dans les arbres et rêve de vrais voyages.
Esther qui déteste les ordinateurs et ne sortira avec lui que s'il cesse d'être un nolife et jure de ne plus s'approcher d'un écran.
Thomas relèvera-t-il l'impossible défi ?




Ce roman de Luc Blanvillain est dans l'air du temps, il surfe sur la vague 2.0 qui semble avoir englouti tous les ados – à l'image de Thomas, le héros de ce livre jeunesse qui se savoure à tout âge. On relève d'innombrables références au monde contemporain et à l'univers de ces chers « geeks » : World of Warcraft (WoW pour les intimes), forums, réseaux sociaux... Bon, il faut aussi avouer que si l'on ne s'y connaît pas vraiment, on risque d'être perdu dans le vocabulaire pointu de ces accros de l'informatique.

Première constatation plaisante : le livre parle d'amour, MAIS le héros est un garçon (pour une fois...). Peut-être évitera-t-on donc de tomber dans les clichés de l'adolescente énamourée qui voit son monde s'effondrer parce que son Roméo ne lui rend pas son sourire béat et ne partage pas ses rêves de grand mariage. Il est vrai que l'histoire d'amour entre Thomas et Esther – passionnée de nature et d'équitation, allergique aux ordinateurs – n'est pas transcendante, mais elle est pleine de fraîcheur, et on a envie d'y croire.
Les adolescents et leurs préoccupations sont décrits sans clichés ou stéréotypes grotesques, avec un enchaînement d'actions et de réactions qui tient bien la route. Pour une fois, les problèmes rencontrés par les jeunes ne sont pas futiles, le lecteur ressent un intérêt pour continuer à lire.
Les personnages sont plutôt attachants dans l'ensemble : Thomas, son adorable sœur Pauline, leur mère à l'histoire intrigante... seule Esther reste un peu plus difficile à apprécier, mais il est assez drôle de voir comme elle parvient à soumettre le garçon à ses exigences.

Aux yeux de Thomas, le monde virtuel est plus important que la réalité qui l'entoure. Enfermé dans sa chambre, les yeux rivés à ses écrans, il ne prête plus attention à ses notes, à ses parents, à sa sœur … seule Esther semble pouvoir changer les choses. Pour la séduire, il se verra mis au défi de passer un mois sans le moindre écran : ni ordinateur, ni téléphone, ni télévision.
Même si Blanvillain garde un ton léger et humoristique tout au long du récit – ce qui est très agréable à la lecture d'ailleurs – le lecteur se voit confronté aux aspects dangereux d'Internet et des nouvelles technologies, ces outils qui peuvent humilier, voire détruire. Si l'on lit entre les lignes, on perçoit une certaine leçon donnée par l'auteur : il faut se détacher des écrans, ne pas en devenir dépendant, sortir de sa chambre...
Le vocabulaire utilisé reste celui des jeunes d'aujourd'hui : parfois vulgaire, maladroit, pas toujours très correct... L'histoire est elle aussi en phase avec la société actuelle et saura sans doute interpeller un public adolescent – mais pas que !

Pour se détacher de ce trop-plein d'écrans, quoi de mieux que de prendre ce petit livre entre les mains ? Promis, le rire sera de la partie !

Nouvelles aventures pour le demi-dieu Percy Jackson

mardi 03 septembre 2013      Percy Jackson 2 : la mer des monstres

La jeunesse a besoin de voir autre chose que des vampires ou des sorciers sur les écrans. Alors en cette période de rentrée, pourquoi ne pas miser sur la mythologie grecque ? La saga Percy Jackson retrace les aventures du jeune héros du même nom, fils de Poséidon et d'une mère humaine. Il est ce qu'on appelle un sang-mêlé, un demi-dieu, et fréquente pour cette raison un camp qui est dédié aux jeunes ayant les mêmes origines que lui.
Dans ce deuxième volet, on retrouve bien évidemment le jeune Percy, qui commence à douter de ses premiers exploits et de sa capacité à représenter dignement son père, le dieu de la mer. À ses côtés,il pourra encore une fois compter sur le soutien du fidèle Grover (un satyre) et Annabeth (fille d'Athéna), mais certains de ses camarades demi-dieux retourneront leur veste et formeront une alliance contre le camp des sangs-mêlés. Pour sauver le camp et empêcher le retour de l'impitoyable Kronos, le titan père de tous les dieux, Percy et ses amis se lanceront dans la quête de la Toison d'Or...

Adapté du deuxième tome de la saga fantastique de Rick Riordan, Percy Jackson – La Mer des monstres a d'ores et déjà su trouver son public en France. Comme souvent, il était impossible de retranscrire l'intégralité du roman à l'écran, les puristes du livre risqueront donc d'être un peu surpris par certains détails ayant du être modifiés pour le film, mais l'essentiel est là, et ce deuxième volet tient bien la route !
Sorti le 14 août 2013 dans les salles de l'Hexagone, cet opus mêle une nouvelle fois modernité et mythologie avec brio : on retrouve les décors de l'Amérique moderne (New York, Washington, les taxis jaunes et autres gratte-ciel) ainsi que le mystérieux Triangle des Bermudes, mais on affronte également les dieux Zeus, Poséidon, Hadès, Hermès, Kronos et Athéna. On se retrouve face à des créatures tirées de l'Illiade et l'Odyssée telles les cyclopes ou les centaures, néanmoins les pires ennemis de Percy se révéleront être des camarades demi-dieux...


Encore une fois, les scènes d'action ne manquent pas et le spectateur est maintenu en haleine tout au long du film – sans pour autant pouvoir douter de l'issue de chacun des combats... Le film ne traîne pas en longueur et les rebondissements sont nombreux, ne laissant pas de répit aux jeunes héros qui tentent une nouvelle fois de sauver l'Olympe.
Le jeune Logan Lerman, qui interprète Percy Jackson, est très convaincant et parvient très bien à transmettre ses émotions au public, de la rage au désespoir, en passant par certains – brefs – moments de soulagement. On retrouve aussi les attachants Alexandra Daddario et Brandon T. Jackson, respectivement Annabeth et Grover, qui se feront un devoir d'accompagner Percy dans ses nouvelles aventures.
Avec une brochette d'acteurs talentueux, une balance parfaite entre la Grèce antique et le monde moderne et des effets spéciaux très réussis (on repensera à l'attaque du taureau mécanique ou encore à l'entrée de Percy et de ses amis dans la Mer des Monstres, engloutis par un Kraken), Percy Jackson – La Mer des Monstres méritait bien un article et quatre étoiles.

Seul regret : au bout d'un moment, on se rend bien compte qu'il est impossible que les choses tournent mal pour nos jeunes héros... le suspense s'estompe donc, sans que la suite du film ne nous ennuie pour autant. La Mer des Monstres est sans conteste un film à voir pour la rentrée, histoire de faire quelques révisions de dernière minute sur nos notions de mythologie.


World War Z, Brad Pitt face à une armée de zombies

jeudi 04 juillet 2013      1 Commentaire      World War Z

Adapté – enfin, presque – du livre La Bonne Guerre de Max Brooks, qui se présente sous forme de reportage documentaire fictif, World War Z met en scène un Brad Pitt père de famille au foyer, anciennement expert de l'ONU et habitué aux missions commando autour du monde. C'est au cours d'une matinée comme les autres, alors que la petite famille Lane est bloquée dans les embouteillages au centre-ville de Philadelphie, qu'une inhabituelle agitation se fait ressentir : hélicoptères, patrouilles de police... et soudain, déferlante de morts-vivants dans les rues bondées, ce qui entraîne une panique générale à laquelle Gerry (Brad Pitt) et sa famille parviennent à échapper en volant un camping-car et en fuyant hors de la ville.
Après avoir pris contact avec Thierry, l'un de ses anciens collègues qui n'est autre que le secrétaire adjoint des Nations-Unies, Gerry amène toute sa petite famille dans un immeuble de Newark, parvenant à trouver refuge chez une famille d'Hispaniques avant qu'un hélicoptère ne vienne les cherche dès l'aube le lendemain, les transportant sur un porte-avion américain. D'après les premières expertises, il semblerait que le phénomène surnaturel auquel a assisté la famille Lane est en fait le développement d'une pandémie inconnue, qui se répand vitesse grand V autour du monde, transformant chaque personne mordue en zombie. D'après le jeune docteur Fassbach, spécialiste très réputé et leur principal espoir pour stopper cette pandémie, il faut trouver l'origine du virus afin de concevoir un vaccin pour immuniser les survivants.


L'expérience passée de Gerry va le rattraper, et il se verra contraint de partir sur le terrain en compagnie de Fassbach et d'une équipe de militaires, de la Corée du Sud en Grande-Bretagne, passant par Israël. Après la mort accidentelle (et très bête d'ailleurs...) du docteur Fassbach et de nombreux de ses coéquipiers, Gerry devra continuer seul son périple, prenant grand soin d'observer les morts-vivants lors de leurs attaques...

Premier grand point positif de ce film : Brad Pitt. Pas pour son physique particulièrement bien conservé, plutôt parce que pour une fois, ça fait du bien de se retrouver face à quelqu'un d'autre que Tom Cruise pour incarner le sauveur de l'humanité qui combat les zombies. Pitt a quelque chose d'apaisant dans son jeu, de naturel qui nous fait presque oublier que l'on est au cinéma (pas besoin de gestes et d'élocution théâtralisés à l'extrême). Les autres acteurs ne sont pas en reste, plutôt convaincants dans l'ensemble, mentions spéciales à Pierfrancesco Favino et à Matthew Fox (Lost), qui ne fait malheureusement qu'une courte apparition dans le film.

L'action ne se fait pas prier : à peine le film a-t-il commencé, on a pas encore le temps de cerner les personnages principaux que les morts-vivants font déjà leur apparition. A partir de cet instant, plus de répit, les péripéties de Gerry nous emmènent à travers différents pays, à la rencontre de différents personnages, mais où qu'on soit les zombies ne sont jamais très loin. On sursautera à de nombreuses reprises lors de scènes un peu flippantes (celle de la course dans la cage d'escaliers au début, puis la poursuite dans les rues de Jérusalem, etc), et même si ces attaques de morts-vivants n'ont rien de très surprenant, le spectateur sentira forcément l'adrénaline monter.

Ce qui est un peu plus surprenant en revanche, c'est la touche d'humour présente (à petite dose) tout au long du film. Les répliques sarcastiques (« Dans la cervelle c'est nickel, dans les rotules c'est pas nul » à titre d'exemple), les maladresses de certains et les grimaces d'outre-tombe apportent une certaine légèreté à l'action incessante, permettant de relâcher la tension le temps d'une seconde avant de se replonger dans une course effrénée aux côtés de Gerry. Mais est-ce que c'était une volonté du réalisateur, ou est-ce que ces rires sont en fait dus à la nervosité ressentie par les spectateurs ?

Un point négatif de World War Z réside en revanche dans le flou laissé par l'intrigue principale. Au final, on ne sait pas d'où est-ce que le virus tirait ses origines, mais on ne sait pas non plus s'il a pu être stoppé définitivement... Peut-être est-ce le cas dans le livre de Max Brooks également – ne l'ayant pas lu, je ne peux pas trop m'avancer sur ce point.

Le film risque de ne pas s'imposer comme un must-see, les personnes pas forcément très attirées par les histoires de morts-vivants pourront passer leur tour sans louper un chef d'oeuvre du septième art. Mais World War Z n'en reste pas moins entraînant et sait orchestrer un équilibre parfait entre horreur et action, les amateurs du genre (qui ne penchent cependant pas trop vers le côté "gore" des zombies) sauront apprécier, puis il faut avouer que l'omniprésence de Brad Pitt saura à elle seule conquérir une foule bien plus large.